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La génétique pour s'adapter au changement climatique : créer des variétés de pins qui économisent de l'eau

L’alimentation en eau constitue le principal facteur limitant la croissance, voire de la survie des plantes. A titre d’exemple, un pin maritime consomme de l’ordre de 500 litres d’eau pour produire un kg de bois !

Or nous savons maintenant que les modifications du climat vont s’amplifier dans les 50 à 100 années à venir, avec une baisse significative des précipitations annuelles et une augmentation de la température estivale dans le sud-ouest de l’Europe. Il est donc vraisemblable que dans un proche avenir les plantes disposeront de moins d’eau qu’au début du siècle.

…50 ans, c’est justement l’échelle de temps qui correspond à la durée de vie d’une forêt de pin, depuis sa plantation jusqu’à la coupe d’exploitation. Il est donc important de savoir si ces organismes pourront faire face à ces brusques changements climatiques; en d’autres termes si les variétés améliorées que l’on plante aujourd’hui pourront maintenir le niveau actuel de productivité dans un milieu plus pauvre en eau, voire tolérer des épisodes de sécheresse intense.

En calant les modèles d’évolution future du climat sur le tableau de bord du fonctionnement de la forêt, les écophysiologistes nous prédisent déjà une chute de la productivité du massif forestier Aquitain dès les années 2040. Les chercheurs de l’INRA qui étudient les facteurs génétiques de l’utilisation de l’eau par les arbres, ont par ailleurs montré que pour une même quantité d’eau consommée, tous les arbres ne produisaient pas la même quantité de bois. Il semble donc possible de créer des variétés améliorées qui pourront maintenir une croissance raisonnable tout en économisant l’eau, garantissant ainsi la durabilité et la compétitivité future du secteur forêt-bois-papier.

Chez l’homme le séquençage du génome a contribué au développement des stratégies de lutte contre les maladies génétiques. De même, les biologistes moléculaires de l’INRA ont entrepris depuis peu le décodage d’une partie du génome du pin en se focalisant plus spécifiquement sur les gènes qui contrôle la réponse des arbres à la sécheresse. Il s’agit d’une part de comprendre les mécanismes intimes (au niveau moléculaire) mis en place par le pin pour résister à un manque d’eau plus ou moins prononcé, et d’autre part d’étudier la diversité naturelle qui existe au niveau de la séquence des gènes d’intérêt pour aider les généticiens à repérer des arbres plus résistants à la sécheresse.


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