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S’il est une branche du règne vivant qui reste largement méconnue du grand public mais aussi d’une partie de la communauté scientifique, c’est bien celle des champignons. Des raisons d’ordre gastronomique font que la plupart d’entre nous classe volontiers ces organismes parmi les plantes. On les consomme comme des légumes, ils poussent dans la terre, ce sont donc sûrement des plantes, non ? Eh bien non, ces organismes n’ont pas plus de parenté avec les plantes que nous n’en avons. Il ne s’agit pas non plus d’animaux (ça on veut bien l’admettre). En fait les champignons constituent aux côtés des plantes et des animaux, le troisième grand règne parmi les eucaryotes (c’est à dire les organismes dont les cellules ont un noyau). C’est un règne gigantesque, qui compte des centaines de milliers d’espèces différentes mais dont l’importance échappe en général à la plupart d’entre nous. On pourrait croire que si ces organismes n’existaient pas ce ne serait pas bien grave (même s’il faudrait faire une croix sur les ris de veau aux morilles et autres boudins truffés). Mais en vérité sans ces modestes micro-organismes notre monde serait probablement méconnaissable. Par exemple, la promenade en forêt du dimanche serait bien triste. En effet, la majeure partie des arbres de nos forêts n’existerait pas car ils ne fixent les nutriments du sol que grâce à une relation symbiotique avec des champignons qui décorent leurs racines. Les antibiotiques, ces remèdes miracles, nous ont été fournis par les champignons qui s’en servent depuis des millénaires comme arme chimique contre les bactéries qui sont leurs concurrents naturels pour la colonisation de différents habitats. Si ces organismes ne sont que très rarement pathogènes pour l’homme c’est probablement parce que nous avons le sang chaud. Certains de nos prédécesseurs sur la planète n’ont pas eu cette chance : une théorie récente propose que la disparition des dinosaures pourrait être imputée à une prolifération de champignons. Une des raisons de l’anonymat injuste de ces petites bêtes est leur habitat, la plupart vivant dans le sol ou la végétation en décomposition. Ce que nous connaissons des champignons, le chapeau au pied du pin ou sur la prairie est la partie émergée de l’iceberg. Ce qui échappe à notre perception directe, c’est cet immense réseau de filaments qui court sur des surfaces parfois gigantesques sous nos pieds. Dans une forêt nord-américaine un champignon occupant une surface de plusieurs centaines de kilomètres carré a été découvert. Il compte parmi les plus gros et les plus vieux organismes vivant sur notre planète.Ces organismes ont contribué de façon décisive à l’élucidation de mécanismes génétiques fondamentaux.
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