Depuis la convention de Rio sur la diversité biologique en 1992, les sociétés et les pouvoirs politiques ont pris conscience de l’importance de la biodiversité, non seulement comme patrimoine, mais également comme ressource biologique et économique. La biodiversité est souvent associée à la diversité des espèces, mais elle se décompose à différents niveaux hiérarchiques depuis les écosystèmes, les espèces, les populations jusqu’aux gènes. Le niveau ultime où réside la diversité du vivant est celui des gènes. La comparaison des séquences d’ADN des mêmes gènes chez des individus d’une même espèce montre une très forte diversité. L’illustration la plus démonstrative de cette diversité est fournie par les empreintes génétiques individuelles, que l’on peut extraire des séquences d’ADN, et qui sont très souvent évoquées dans les média. Toute personne humaine, tout individu appartenant à une espèce donnée, se caractérise par une carte d’identité génétique qui le différencie de tous ses congénères. Cette diversité réside, à des degrés différents, dans toutes les parties du génome, y compris dans les gènes qui contrôlent les caractères d’intérêt. L’inventaire de cette diversité reste à faire, et représente un défi majeur pour les instituts de recherche, en vue de la domestication et la sélection des espèces végétales et animales au profit de l’humanité. Diversité génétique se décline ici en richesse biologique immédiatement valorisables pour répondre aux besoins alimentaires, et sanitaires de nos sociétés. Dans la suite même des énormes programmes de séquençage systématique des génomes (homme, souris, riz, peuplier..) de grands projets d’inventaires systématiques de la diversité génétiques ont été engagés.
Mais la connaissance de la diversité génétique concerne également les espèces sauvages et non domestiquées. La génétique des populations montre en effet qu’en deçà d’un certain niveau de diversité, les espèces encourent des risques d’extinction. Une liste rouge des espèces en danger d’extinction a été établie au niveau mondial. Il faut donc à tout prix pouvoir maîtriser l’évolution de la diversité, au besoin la restaurer. Au-delà de l’inventaire de la diversité, sa genèse et son évolution au cours de l’histoire des espèces revêt donc un intérêt primordial pour la conservation des espèces. Connaître les mécanismes qui conditionnent l’évolution de la diversité devrait permettre de la maîtriser et en particulier de garantir son maintien au cours des générations futures. La diversité génétique naît d’événements mutationnels qui se sont produits au cours de l’histoire des espèces, mais son évolution est modulée par de nombreux facteurs génétiques, écologiques et démographiques. La biologie et la génétique de la conservation sont des disciplines qui se sont récemment développées, et qui cherchent à agir au niveau des mécanismes d’évolution des espèces pour maintenir leur diversité et par voie de conséquence pour garantir leur survie.
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