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George Orwell a fait de 1984, titre de son célèbre roman,  une année clé de l’anticipation pour la littérature. Il n’était visiblement pas le seul à y voir une date bien particulière !

C’est également cette année là que le rêve a rejoint la réalité pour la  paléontologie : l’homme, grâce à la génétique, peut désormais voyager dans le temps. En effet, en 1984, l’équipe de Russel Higuchi allait pour la première fois extraire de l’ADN ancien des mitochondries d’un animal disparu cent quarante ans plus tôt ; le quagga.

Cet équidé proche du zèbre avait été conservé dans un musée par taxidermie, et ses muscles momifiés âgés de 150 ans avaient  ainsi préservé une bonne part de leurs cellules dans un état proche de celui qu’elles présentaient de son vivant.

Cette première scientifique a permis d’attester de sa parenté avec le zèbre actuel, et de démontrer ainsi le potentiel de cette nouvelle méthode de biologie moléculaire.

Un an plus tard, c’était au tour d’une momie égyptienne d’être l’objet d’une tentative d’extraction  par l’équipe de Svante Paäbo. Celle-ci a démontré la préservation de matériel génétique originel dans la peau de ce jeune enfant de 2 400 ans, qui a ainsi pu être identifié comme étant un garçon.

A cette époque, la reproduction de l’ADN ancien se faisait à travers un clonage dans la bactérie Escherichia coli. L’apport de la technique de la PCR (Polymerase chain reaction) à cette discipline va être capitale… Cette méthode  permet en effet la multiplication du fragment originel de façon exponentielle ; la faible quantité de matériel conservé ancien n’était (presque !) plus un obstacle. A cette avancée biotechnologique s’ajoutait un autre développement phare : celui des protocoles d’extraction d’ADN à partir d’os ou de dents. Plus aucun obstacle n’empêchait l’analyse des vestiges fossiles...

De nombreuses études ont rapidement été menées dans divers domaines de la paléontologie, remontant toujours plus loin dans le temps. Actuellement, même si de façon expérimentale on a posé la limite possible de conservation à 100 000 ans, il semble que le permafrost sibérien ait  permis la conservation d’ADN ancien de bactéries vieilles de 400 000 ans !


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