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Elles restent rares, en particulier au regard des cancers sporadiques largement plus fréquents. Plusieurs situations existent :

Des maladies qui évoluent vers un cancer 

Dans certains cas, il s'agit de maladies dont les principales manifestations sont différentes de l'apparition d'un cancer, mais qui se compliquent de façon plus ou moins systématique par la survenue d'un cancer. Il s'agit de maladies comme la polypose adénomateuse rectocolique qui évolue inéluctablement vers le cancer colorectal, nécessitant la réalisation d'une colectomie préventive, ou la maladie de Recklinghausen connue également sous le nome de neurofibromatose de type 1 dont les neurofibromes dégénèrent parfois en schwannosarcomes. Pour toutes ces affections, le ou les gènes responsables sont identifiés et il est possible d'en faire le diagnostic en génétique moléculaire.

Récurrence familiale de cancers rares.

C'est le cas des formes familiales de rétinoblastome dont il a déjà été question, mais aussi des formes familiales de cancer médullaire de la thyroïde ou d'un cancer pédiatrique du rein, le néphroblastome. Dans ces situations, la rareté de la tumeur en cause fait que l'hérédité est suspectée dès que deux cas d'une tumeur de ce type s'observent au sein d'une même lignée familiale.

Récurrence familiale de cancers fréquents

Il s'agit de cancers comme ceux du sein, du gros intestin ou du poumon. Quelques syndromes ont pu être individualisés récemment, mais beaucoup de situations restent encore énigmatiques sur le plan génétique. La prédisposition aux cancers du sein et de l'ovaire liée aux mutations des gènes BRCA1 et BRCA2  fait partie de ces situations héréditaires qui commencent à être bien connues. La transmission d'une mutation du gène BRCA1 ou BRCA2 s'accompagne pour les personnes porteuses d'une majoration du risque de survenue de cancer du sein et de cancer de l'ovaire. Il ne s'agit que d'une augmentation du risque et, comme pour le rétinoblastome, des défauts de pénétrance s'observent, des personnes porteuses de la mutation développeront  aucune tumeur le long de leur existence. On ignore aujourd'hui quels sont les facteurs qui retentissent sur le mode d'expression et en particulier sur le fait que certaines personnes porteuses développent un cancer du sein, d'autres de l'ovaire et d'autres les deux .

Si la plupart des cas de formes génétiquement favorisées de cancer de l'ovaire sont actuellement explicitées par des mutations des gènes connus et identifiés (BRCA1 et BRCA2,) il n'en est pas de même pour le cancer du sein, où beaucoup de formes familiales ne sont visiblement pas liées à une mutation de l'un de ces deux gènes. La recherche sur d’autres gènes (gènes BRCA3-4-etc… ) est actuellement très active mais pour le moment toujours infructueuse.

Le syndrome de prédisposition héréditaire au cancer colorectal connu sous le nom de syndrome de Lynch ou syndrome HNPCC pour « Hereditary Non Polyposis Colorectal Cancer ».

Les gènes dont les mutations sont responsables de cette situation codent pour des protéines impliquées dans la réparation des anomalies de l'ADN qui se produisent lors des phases de replication de cette molécule précèdant chaque division cellulaire. Cette découverte a permis de concevoir plus largement les phénomènes de cancérisation comme liés à des défauts des systèmes encore très mal connus qui assurent au niveau de chaque cellule de l'organisme l'extraordinaire stabilité du matériel génétique, tant au niveau de la molécule d'ADN, que de la fibre chromatidienne, que de son emballage chromosomique.

 


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