Processus de dégradation de l'ADN
L’ADN est une molécule organique à la chimie instable, qui se dégrade donc spontanément, principalement par hydrolyse (dégradation de certains composés chimiques par catalyse avec le milieu aqueux) et oxydation (dégradation de certains composés chimiques par interaction avec de l’oxygène). Cette dégradation est liée à la structure même de l’ADN, et mène à la fragmentation de l’hélice d’ADN en très petits brins.
De plus, à la mort d’un organisme, la destruction des cellules entraîne la libération des enzymes endogènes (les nucléases), qui vont « digérer » l’ADN.
En 1993, Thomas Lindahl a reproduit artificiellement des conditions supposées naturelles (concentrations physiologiques en sels, pH neutre et température de 15°C) et montré qu’une double hélice d’ADN se verrait totalement fractionnée en simples bases libres en 50 à 100 000 ans.
Heureusement, des facteurs environnementaux exceptionnels peuvent conserver des séquences nucléiques plus anciennes….Actuellement, les plus anciennes séquences d’ADNa authentifiées proviennent d’échantillons de sédiments, et sont celles de bactéries conservées dans le permafrost en Sibérie. Ces micro-organismes seraient âgés de quelques 400 000 ans ! On est bien loin des résultats expérimentaux de T. Lindahl !
L’ADN n’est jamais lui-même daté, c’est la datation générale du site paléontologique ou archéologique qui fait foi.
Les éléments de préservation de l'ADN
Chez les organismes vivants, des processus naturels de réparation prennent en charge les modifications de l’ADN pour les limiter, mais à la mort d’un organisme, ses cellules vont très rapidement « s’autodétruire ». Toute activité de réparation cessant alors, ce sont les conditions environnementales particulières qui vont limiter les processus de dégradation, c'est-à-dire principalement l’hydrolyse et l’oxydation. On compte principalement parmi celles-ci : une dessiccation rapide, limitant l’hydrolyse, de fortes concentrations en sels, limitant l’action des nucléases ou de basses températures limitant tous les processus, qu’ils soient chimiques ou organiques.
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