La première tentative de traitement par thérapie génique d'une maladie génétique a été effectuée en 1990 aux Etats-Unis chez deux enfants porteurs d'un déficit immunitaire combiné sévère (DICS) par déficit en adénosine désaminase (ADA). Le protocole a consisté à prélever des lymphocytes (catégorie de globules blancs du sang), à les mettre en culture et à les transduire par des virus recombinants véhiculant le gène ADA. Les injections répétées de lymphocytes génétiquement modifiés toutes les 6 semaines ont produit une amélioration clinique chez ces enfants. Le gène thérapeutique a pu être détecté plusieurs années après le transfert rétroviral. Néanmoins, du fait de la durée de vie limitée des cellules corrigées, d'autres protocoles ont vu le jour en 1998-2000, utilisant des cellules souches (portant le marqueur CD34) provenant de la moelle osseuse (tissu à l’origine des cellules sanguines). Le rôle thérapeutique du gène transféré a été toutefois difficile à démontrer car la protéine de remplacement a toujours été maintenue pour des raisons de sécurité pendant les essais.
En revanche, dans une autre maladie immunologique, le DICS lié à l'X, la greffe ex vivo de cellules CD34+ du patient, génétiquement modifiées grâce à un vecteur rétroviral transférant le gène thérapeutique a été un succès clinique démontré sur plusieurs années. Malheureusement, une complication grave est apparue chez trois enfants (syndrome leucémique) et a entraîné l’arrêt provisoire du protocole.
En conclusion, le succès de la thérapie génique des maladies génétiques en est actuellement à ses débuts. Cette thérapeutique reste néanmoins très prometteuse pour les dix ans à venir, considérant les résultats encourageants obtenus pour le traitement de quelques maladies génétiques et de certains cancers.
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