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Les généticiens ont rapidement reconnu dans ces organismes des modèles superbement adaptés pour percer les secrets de la nature et du mécanisme de transmission de l’information héréditaire. La raison est simple et tient en deux points.
1. D’abord, il s’agit d’organismes dit haploïdes (qui ne contiennent dans chaque cellule qu’un seul exemplaire de chaque gène). Ainsi, l’inactivation d’un gène se traduit directement par une altération de l’organisme. Les plantes et les animaux sont généralement diploïdes (donc comptent deux exemplaires de chaque gène), ainsi l’inactivation d’un gène peut passer inaperçue car une copie intacte de l’information subsiste. On comprend aisément comment l’analyse génétique qui s’intéresse à la transmission des gènes peut être facilitée par cette propriété. 2. La méiose est une division cellulaire tout à fait particulière qui a lieu lors de la reproduction sexuée et qui conduit d’une cellule unique à quatre cellules en re-distribuant les gènes. C’est l’événement central dans la genèse d’une nouvelle donne génétique. On peut dire globalement que le but ultime de l’analyse génétique est de percer les secrets de cette méiose. Or l’autre avantage décisif des champignons tient au fait que l’on peut récupérer les quatre cellules issues de la méiose et ainsi plus facilement reconstituer les évènements de re-distribution des cartes génétiques. Chez les animaux et les plantes on n’a accès à chaque fois qu’à une de ces quatre cellules, il manque ainsi des indices précieux pour reconstituer l’histoire. Enfin, d’un point de vue pratique, les champignons permettent de récupérer des milliers de descendants d’un croisement génétique pour un coût dérisoire en quelques jours. Avec la petite mouche appelée Drosophile, le champignon Neurospora, est probablement l’organisme qui a le plus contribué à la compréhension des mécanismes génétiques fondamentaux. Il a notamment permis la découverte du concept central « un gène-une enzyme ». Plus récemment, il a également permis la découverte de mécanismes nouveaux par lesquels les génomes peuvent se défendre de l’intrusion d’envahisseurs génétiques.
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