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Les anthropologues, ont très rapidement reconnu le potentiel de la biologie moléculaire à fournir de nouvelles réponses à leurs grandes problématiques. La paléogénétique voit son panel d’applications s’étendre à tous les niveaux d’enquête de l’histoire de l’Homme à l’histoire des hommes. Au niveau des espèces humaines, la paléogénétique va, à l’image de son usage en paléontologie générale, permettre d’élucider les relations phylogénétiques entres types humains, comme c’est le cas des études menées sur l’Homme de Néandertal, amenant à penser que ce dernier serait non pas un ancêtre, mais le cousin de l’homme moderne.
- Au niveau des populations, les études de proximité génétique d’ADNmt permettent d’accéder aux grands mouvements de populations (premier peuplement de certaines zones géographiques, ou remplacement d’une population par une autre par exemple) ou au contraire à des preuves de continuité de peuplement.
- Au niveau familial ou local, la paléogénétique peut permettre d’établir si un groupe était ou non homogène, au sein d’une population locale, mais également documenter des relations familiales, notamment dans une population archéologique de cimetière. Ainsi, la lignée maternelle pourra être remontée par le biais de l’ADNmt alors que la lignée familiale paternelle le sera par l’étude des mutations portées par le chromosome Y. Dans des cas de bonne conservation, l’analyse des microsatellites du génome nucléaire peut permettre de faire des tests de parenté directs parents-enfants.
- Au niveau de l'être, cette discipline peut également permettre d’aller jusqu’à l’identification individuelle dans des cas où l’ADNn sera exceptionnellement bien conservé. Mais elle s’appliquera plus fréquemment à la détermination du sexe des individus des populations archéologiques, surtout les plus jeunes dont les os, pas encore totalement formés, ne permettent pas d’étude morphologique. Enfin, il peut permettre d’accéder au niveau de santé, en déterminant la présence de l’ADNa d’un agent infectieux, comme celui de la peste et de la tuberculose par exemple.
En anthropologie, l’homme étant à la fois l’objet de l’étude et l’acteur de celle-ci, les plus grandes précautions doivent être prises afin d’éviter toute contamination par les manipulateurs (port de masques, de gants, …), car c’est toute l’étude, représentant très souvent de nombreuses années de travail de fouilles, qui risque de conduire à des résultats erronés. C’est pourquoi des chercheurs ont mis au point toute une série de critères visant à attester de l’authenticité des résultats obtenus. Très coûteux, aussi bien en temps de travail qu’économiquement parlant, ces critères sont encore peu suivis actuellement. C’est leur démocratisation qui permettra à cette science pleine d’avenir de progresser sur des bases saines.
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