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Justice et Génétique

Brève introduction

Les empreintes génétiques dans la criminalistique 

Historique

Début des années 1980 

Vers la fin des années 1980 

Pourquoi le couple microsatellites - technique de PCR constitue-t-il l’arme absolue ?

Les marqueurs utilisés sont toujours les mêmes

Probabilité de distinguer deux individus

En pratique, comment cela marche?

Prélèvements

ADN nucléaire ou mitochondrial?

Aspects techniques, réalisation d'une empreinte génétique

Précautions à prendre

Interprétation des résultats

Calcul des probabilités

En conclusion

Questions éthiques et juridiques

Questions éthiques

Questions juridiques

Un outils performant, mais restons critiques

Brève introduction

Les êtres humains sont identiques à 99.9% au niveau de leur séquence d’ADN : cela signifie que, le long de notre génome, une base diffère toutes les mille bases d’un individu à l’autre. Sachant que notre génome comporte environ trois milliards de paires de bases, un simple calcul montre alors que notre  génome est différent  de celui de notre voisin pour 3 millions de bases.

De ce constat est née la notion d’identification des individus par leur ADN. L'expertise reposant sur l’analyse de l’ADN a révolutionné la science de l'identification des personnes. Cette technologie permet d'identifier et d'individualiser presque tous les habitants de la planète et s’avère très utile au cours de la résolution d’affaires criminelles et judiciaires.

Lors d’une affaire criminelle, tel qu’un homicide, le magistrat porte un grand intérêt aux techniques, qui permettent d’identifier les indices matériels relevés sur une scène de crime, comme des tâches de sang, de salive ou de sperme, des cheveux, des ongles, …  L’analyse ADN joue aussi un rôle important dans la conduite d’affaires judiciaires ou dites de droit familial. Les tests dits de paternité rentrent évidemment dans cette catégorie. Mais il y a d’autres situations dans lesquelles l’identification formelle d’un corps est nécessaire.

Lors d’évènements tels que des accidents, des attentats ou des catastrophes naturelles, il est parfois difficile d’identifier les corps et ces drames ont de forts impacts sociaux et légaux. En effet, tant que le décès d’un individu n’est pas reconnu, les descendants ne pourront hériter. De même, un mariage ne pourra être dissout tant que le conjoint disparu ne sera pas déclaré décédé. Les compagnies d’assurances, dans leurs prestations « assurances vie », ne peuvent indemniser les légitimes prétendants à la prime tant que l’assuré n’est pas officiellement reconnu décédé.

Les techniques d’analyse de l’ADN sont alors devenues une aide irremplaçable, en raison de leur rapidité, de leur capacité à déterminer simultanément les empreintes génétiques d’un grand nombre de personnes et de leur utilisation sur des quantités restreintes et parfois dégradées de matériel biologique (corps calcinés, plus ou moins en décomposition, etc.).

La technique d’identification en médecine légale s’est affinée au fil du temps pour répondre aux exigences de la justice, et aussi, il faut le dire, de la société. Le médecin légiste dispose de plusieurs techniques d’identification. Beaucoup d'entre elles reposent indirectement sur la génétique puisqu'elles s'appuient sur des éléments phénotypiques qui eux-mêmes découlent d'un génotype : dermatoglyphes (empreintes digitales), groupage sanguin, analyse d’autres systèmes polymorphes tels que les systèmes Rhésus et HLA. Cependant l’utilisation de ces outils est fortement limitée pour deux raisons. D’une part le degré de polymorphisme de ces différents systèmes est trop restreint pour permettre l’identification formelle des individus. D’autre part ces approches nécessitent de disposer de matériel en quantité suffisante et de tissus dans un état de conservation correct, ce qui, souvent, n’est pas le cas.

C’est pourquoi l’utilisation de l’ADN comme support pour la réalisation des empreintes génétiques s’impose aujourd’hui comme une solution de choix pour l’identification des personnes.

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